Romaine elle fut, romaine elle reste
Il y a 2 000 ans, la vallée de la Moselle gauloise faisait partie intégrante de l’Empire romain: dans les contrées qui sont aujourd’hui luxembourgeoises étaient stationnées des légions de Jules César qui avaient pour mission de retenir outre-Rhin les barbares germains. La population locale communiquait dans un patois gallo-romain avec les légionnaires retraités et les magistrats impériaux devenus sédentaires après s’être fait construire de somptueuses villas sur les hauteurs dominant la rivière. Pendant les quatre siècles que dura la Paix romaine, des soldats, tout comme des marchands qui empruntaient la Mosella, la «petite Meuse», pour approvisionner les troupes, amenèrent un bagage culturel qui a marqué cette région à tout jamais.
L’aigle de Dalheim
Le vin, évidemment!
A commencer par la culture de la vigne, évidemment! Imaginez que vous êtes confortablement installé sur la terrasse d’un petit café mosellan, à l’ombre d’un parasol qui vous protège du soleil conférant à la vallée un microclimat dont les températures moyennes se situent à 2-3 degrés au-dessus de la moyenne nationale. Si, par la même occasion, il vous arrive de déguster un verre d’un Elbling aussi fruité que léger, sachez que le nom de ce petit vin franc et droit comme les gens d’ici, nous vient directement des Romains: connus dans le temps sous les noms de vitis alba, ou uva albena, la vigne respectivement le raisin de ce cépage cultivé le long des berges de la Moselle, ont déjà étanché la soif des troupes de César tout comme celle de nos ancêtres, les Celtes – devenus Gaulois à l’occasion.
Des gens qui ont la langue bien pendue
Ces Gaulois mosellans frais émoulus se sont aisément approprié l’esprit méditerranéen importé par les étrangers venus du sud. Et cette manière de vire plus décontractée a perduré dans la mentalité des Mosellans contemporains qu’un historien a décrits comme des «Luxembourgeois au superlatif avec leur droiture qui n’a pas peur des mots crus, avec leur goût des railleries inné à tous les membres de communautés qui vivent serrées, avec leur assiduité au travail, avec leur insouciance pour les futilités et leur sérieux pour les choses vraiment importantes de la vie».
La Route des Romains
Si nous parcourons les coeurs des villages enfilés le long du cours d’eau, nous reconnaissons toujours l’étroitesse mentionnée par l’historien, cette «architecture du sud avec ses toits en tuiles creuses (…) et les terrasses de style italien construites en épais murs de pierres».
Le Vicus Ricciaus
Le Théatre de Dalheim
Mieux visibles sont les nombreux témoins architecturaux de l’époque romaine, à commencer par les vestiges du vicus Ricciacum près de la localité de Dalheim avec, en particulier, un amphithéâtre où, en son temps, l’on donnait des spectacles qui attiraient plus de 3500 spectateurs venus même des villes éloignées de Metz et de Trèves! Dalheim est encore le point de départ de la Route des Romains, parcours routier historique longeant de nombreux sites gallo-romains et se terminant près de la villa romaine d’Echternach. Il existe une documentation détaillée (référence en fin d’article) contenant deux parcours-découverte en boucle, l’un cycliste, l’autre pédestre et, de plus, des renseignements sur l’organisation de visites guidées ou encore des possibilités de déguster des plats d’époque autour d’une tabula romana présentée par les restaurateurs de la région.
A la croisée des chemins
Si nous avons mentionné la Moselle en tant que voie d’accès à la région, il ne faut pas ignorer les multiples voies terrestres qui, avec le flux de voyageurs qui y passaient dès le début de l’ère chrétienne, ont pour leur part largement contribué au développement de la région mosellane. Plusieurs grands axes routiers romains parcouraient jadis l’actuel Grand-Duché: deux depuis Lyon respectivement Reims rejoignaient Trèves, d’où elles se poursuivaient vers Strasbourg, Mayence, Coblence et Cologne. Dans la région mosellane, de larges tronçons de ces routes, communément appelées Kiem dans la langue du pays (du latin caminus, chemin), existent encore sous forme de chemins ruraux invitant à la promenade ou ont été réaménagés en pistes cyclables pour le plus grand plaisir des adeptes de la petite reine.
Sites romains
Remerschen
Monument funéraire
Bech-Kleinmacher
Monument funéraire
Schwebsange
Sarcophage en pierre
Stadtbredimus
Monument du pont romain
Grevenmacher (Potschberg)
Monument funéraire
Dalheim
Archéoparc avec cité romaine, théatre gallo-romain et monument à aigle
Flaxweiler
Tumulus
Wasserbillig-Lellig
(Forét Weiler)
Route funéraire rurale
Luxembourg
Musée National d’Histoire et d’Art
Echternach
Grande Villa
Documentation / Sources
«Straße der Römer – Von Dalheim nach Echternach»
Entente Touristique de la Moselle Luxembourgeoise
Tél.: +352 75 84 12
www.moselle-tourist.lu
www.strasse-der-roemer.eu
Musée National d’Histoire et d’Art
Marché aux Poissons
L-2345 Luxembourg
Tél. 47 93 30 - 1
www.mnha.lu
«Eis Musel – La rivière, le vin, les gens / Der Fluss, der Wein, die Menschen»
Editions Guy Binsfeld
www.editionsguybinsfeld.lu
La Route des Romains
- Station / römisches Denkmal
- Straße der Römer
- Velo Romanum
- Von Meilenstein zu Meilenstein
